Projets de gestion coordonnée des maladies chroniques

Il est estimé aujourd’hui qu’en Suisse les 80 % des patients de plus de 65 ans présentent au moins une pathologie chronique, et que 10-15 % des patients ont besoin de soins intégrés.

Plusieurs maladies chroniques sont bien identifiées dans la littérature et peuvent bénéficier d’une meilleure intégration de leur prise en charge : le diabète, l’asthme, la dépression et l’insuffisance cardiaque. La mise en place d'itinéraires cliniques visant à l'amélioration de la prise en charge de ces maladies ont réussi a démontrer leur efficacité tant au niveau de la satisfaction des patients, de leur proches que des médecins et des soignants. Ces initiatives ne peuvent être élaborées et menées adéquatement qu'avec l'implication des intervenants, c-a-d les médecins traitant et autres acteurs du système de santé comme les infirmières à domicile, les psychologues et les physiothérapeutes.

Projet "Dépression"

Suite aux recommandations issues du focus group organisé en 2011, ce projet s’est concentré sur deux axes : renforcement des compétences des médecins traitants dans le dépistage et la prise en charge des personnes souffrant/à risque de dépression et renforcement de l’autonomie des patients et du public dans la reconnaissance des symptômes et dans la gestion de la maladie. Une équipe pluridisciplinaire (médecins traitants, psychiatres, psychologues, infirmières) a élaboré une série de cercles de qualité (CQ). Ces derniers ont été menés en 2012 dans deux quartiers de Genève, touchant une cinquantaine de médecins Delta et une dizaine de psychiatres. Le contenu de ces CQ a été proposé au site web de la Revue médicale suisse. Pour renforcer l’autonomie des malades et du public, un site internet a été élaboré et mis en ligne en 2012 (www.alliancedepression.ch). Ces activités ont été menées conjointement avec l’Alliance genevoise contre la dépression. Des contacts ont été initiés avec le groupe des psychiatres genevois et leur Présidente.

Une nouvelle série de CQ a été élaborée conjointement avec le Centre de Psychothérapie de Varembé et le Centre médical de la Servette et menée en février-mars 2013. Tout comme en 2012, les excellentes compétences théoriques et médicales des participants ont été remarquées. Les modifications subséquentes de la collaboration interdisciplinaire – objectif principal de PRISM – ont été plus difficilement objectivables, notamment parce que les interactions entre les médecins de premier recours et les psychiatres de ces deux groupes sont déjà étroites (agenda partagé).

Une collaboration a été lancée avec la Présidence du Groupe des psychiatres et Psychothérapeutes de l’AMG. Une enquête menée auprès de ses membres a montré que 74% des répondants étaient intéressés par une collaboration interdisciplinaire avec les généralistes/internistes. Ce travail se poursuit pour identifier les possibilités d’organisation de CQ. Le Département cantonal de l’emploi, des affaires sociales et de la santé (DEAS) a d’ores et déjà manifesté son intérêt pour ces CQ, notamment en assurant un soutien financier.

Le site grand public www.alliancedepression.ch est dans une phase de transition propre à garantir sa durabilité et son évolution. C’est désormais la Direction Générale de la Santé ainsi que les HUG qui en assurent la gouvernance. Les développements du site web destiné aux professionnels concernent :

• la mise en ligne des recommandations de prise en charge basées sur les CQ,

• l’élaboration d’un outil de réseautage pour les intervenants qui leur permettrait d’accéder rapidement et facilement à différentes ressources pratiques et/ou interdisciplinaires pour la prise en charge de leurs patients.

• Les modalités de concrétisation vont être discutées entre l’Alliance contre la dépression et la Revue Médicale Suisse.

Enfin, la question de la prise en charge interdisciplinaire des patients présentant des problèmes de santé mentale a trouvé un nouveau champ exploratoire auprès de certaines des équipes accompagnées dans le cadre de l’itinéraire « malades complexes » (voir ci-dessous).