Projets de gestion coordonnée des maladies chroniques

Il est estimé aujourd’hui qu’en Suisse les 80 % des patients de plus de 65 ans présentent au moins une pathologie chronique, et que 10-15 % des patients ont besoin de soins intégrés.

Plusieurs maladies chroniques sont bien identifiées dans la littérature et peuvent bénéficier d’une meilleure intégration de leur prise en charge : le diabète, l’asthme, la dépression et l’insuffisance cardiaque. La mise en place d'itinéraires cliniques visant à l'amélioration de la prise en charge de ces maladies ont réussi a démontrer leur efficacité tant au niveau de la satisfaction des patients, de leur proches que des médecins et des soignants. Ces initiatives ne peuvent être élaborées et menées adéquatement qu'avec l'implication des intervenants, c-a-d les médecins traitant et autres acteurs du système de santé comme les infirmières à domicile, les psychologues et les physiothérapeutes.

Projet asthme

L’asthme est une affection chronique évoluant par exacerbations. Malgré les guides de pratique bien établis, leur implantation est insuffisante avec la plupart des patients restant symptomatiques et ne sachant pas comment réagir en cas d’aggravation.

Cet itinéraire clinique vise à renforcer les connaissances et les attitudes du patient adulte asthmatique, afin qu’il puisse gérer sa maladie et réagir adéquatement en cas de crise. Pour cela, les patients avec une crise d’asthme se présentant aux urgences des cinq centres genevois (RUG) sont contactés par une physiothérapeute dont le rôle est d’effectuer un entretien téléphonique afin de répondre aux questions, explorer les connaissances et attitudes du patient par rapport à sa maladie et les motiver à contacter leur médecin pour la suite de la prise en charge.

L’intervention a été testée avec succès aux Urgences du Groupe médical d’Onex, puis étendue aux Urgences de la Clinique des Grangettes, de l’’Hôpital de la Tour et de la Clinique de l’Arve, à la fin 2012.

En 2013, les trois centres les plus actifs ont été principalement le  Groupe médical d’Onex  (49 fax envoyés), la Clinique des Grangettes (10 fax envoyés) et l’Hôpital de la Tour (4 fax envoyés). Sur ces 63 demandes de suivi, 60 personnes ont pu être atteintes selon le protocole dédié.

De ces entretiens nous pouvons tirer les constats suivants:

• L’accueil des patients a été presque toujours très favorable

• La méconnaissance de ces patients de leur maladie, de sa symptomatologie, des effets des médicaments et de la durée du traitement ;

• Les centres d’urgence prescrivent les soins selon les guides de pratique modernes. Pourtant le patient, une fois rentré à domicile, ne sait souvent pas s’il doit poursuivre son traitement ou non;

• 75% des patients ayant présenté une crise d’asthme n’ont pas de médecin dédié à cette problématique ;

• 10 ou 15 jours après la consultation, 50% des patients ont encore des signes d’asthme, 25% évoluent de manière défavorable et doivent consulter à nouveau en urgence ;

• La cortisone au moment de la crise est bien acceptée car son efficacité est perçue au niveau de la respiration. Cependant ce traitement est stoppé dès le moment où les patients pensent avoir retrouvé leur fonction respiratoire : « J’ai stoppé ce médicament car il est fort (sous-entendu, il y a de la cortisone dedans) ».

En raison du bon accueil de cette intervention, tant du côté du patient que des intervenants (médecins, infirmières des centres d’urgences), le projet est étendu aux HUG.  En suivant la suggestion des responsables des Centres d’urgence, des séances de debriefing ont été effectuées dans les centres d’urgences : durant ces présentations, diverses propositions ont été formulées afin d’intégrer cette intervention dans leur pratique. Celles-ci vont être explorées durant l’année à venir.